Alors pour commencer ce récit, un conseil à tous ceux qui n´ont que 4 semaines de congés (Il y en a ? ;-) ) : ne partez surtout pas en Argentine, Chili ou Bolivie en dehors des mois de juillet - août ! Vous en reviendriez déprimés. Il faut en effet savoir que depuis mon arrivée en Amérique du Sud, je ne rencontre pratiquement que des gens qui voyagent entre 3 mois et 2 ans ! Sans mentir, je pense que cela représente 90 à 95 % des gens rencontrés (en Asie, cela m´arrivait aussi mais c´était quand même plus équilibré). Dans les bus ou les hostels, les discussions entre voyageurs portent en géneral sur les pays visités précédemment, si tu te diriges vers le Nord ou vers le Sud, non pas du pays, mais du continent ! Dans une auberge de jeunesse, dans le sud de l´Argentine, je me souviens d´un Allemand qui se rendait compte qu´avec 6 mois, il était celui qui avait le moins de temps pour voyager (sur 8 personnes !). Et le pire, c´est que ces gens se plaignent toujours : c´est toujours trop court ! L´expression la plus entendue est probablement : "Ah ouais, mais là je n´ai plus assez de temps, il ne me reste que 3 mois !". ;-) Bruno, qui m´a rejoint un mois, en a fait la cruelle expérience ! Dans la catégorie "Les spécificités du Castellano en Amérique du Sud", en Bolivie, c´est super mignon : ils ajoutent des ´ito´ et ´ita´ à la fin de tous les mots. Alors, je ne sais pas si un "ahorita" t´indique un départ imminent, et un "ahora", te fait comprendre que tu as le temps d´aller faire une sieste, en tout cas, avec Bruno, nous nous y sommes mis et demandions la "cuentita" en espérant, en vain, qu´elle soit plus petite ! Par contre, si par moment, notamment su les marchés, vous avez l´impression de ne plus comprendre un mot, rassurez-vous, c´est normal, car outre l´Espagnol, les gens y parlent Quechua (qui selon certains pourrait devenir une langue officielle du pays), et dans une moindre mesure, Aymara. Avec Bruno, nous avons trouvé les Boliviens particulièrement accueillants et sympathiques, même si ce n´est pas le ressenti de tous les voyageurs que nous avons rencontrés : il faut dire que si tu es d´origine espagnole, tu pars avec un handicap, car le ressentiment vis à vis de la colonisation est encore bien présent. Que tu arrives du Chili, du Pérou ou de l´aéroport, tu découvres La Paz par ses hauteurs. C´est une ville qui s´est développée dans une cuvette, un peu à l´image de Grenoble, mais en "plus" : plus grande (1.3 millions d´habitants), plus encaissée et plus polluée (ce qui n´est guère surprenant quand on voit la fumée noire s´échapper des vieux bus américains à chaque démarrage en côte). La circulation y est très dense, et pourtant, il n´y a quasiment aucune voiture personnelle ! C´est une ville très contrastée entre le quartier tr`s pauvre d´el Alto situé sur les hauteurs, les quartiers populaires du coeur historique (et donc touristique), et les quartiers d´El Prado ou de la Zona Sur, où vous n´aurez plus l´impression d´être en Bolivie. Après le Chili, ce qui me frappe immédiatement ici, c´est la culture indienne très forte. On y croise par exemple de nombreuses Cholas (ou comme on dit ici "Cholitas"), ces femmes indiennes portant encore le costume traditionnel : chapeau melon posé sur la tête, 2 longues tresses qui descendent jusque dans le bas du dos, jupe large (car porté par dessus de multiples jupons) et le rectangle de tissu coloré, porté sur le dos et noué autour du cou, et qu isert à transporter à peu près tout des marchandises aux gamins. J´arrive donc à La Paz en fin d´après-midi, et Bruno (qui s´est un peu perdu dans l´aéroport de Santa-Cruz ;-) ) débarque dans la soirée. Autant lorsque j´étais allé au Ladakh, je n´avais pas eu de problème pour m´acclimater à l´altitude, autant là, je ne serai vraiment pas bien le lendemain de mon arrivée (peut-être combiné à une indigestion alimentaire) mais il est vrai que la pollution qui règne dans la ville ne facilite pas l´acclimatation. Bruno, quant à lui, traînera un mal de tête pendant plusieurs jours. Après 2 jours dans la ville, nous partons sur Copacabana (il y a bien une plage, mais ce n´est pas l´image que j´en avais ! ;-) ), au bord du lac Titicaca. Pour y parvenir, il faut traverser un bras du lac : le mini-bus ("Collectivo") est chargé sur une barge, et les passagers prennent un petit bateau, ce qui en principe, est plus sûr, sauf lorsque le moteur cale juste devant une barge chargée d´un bus (un gros, là !), qu´il refuse de redémarrer et que le pilote de la barge caché par le bus, ne voit rien ! Petit mouvement de panique à bor, mais il y aura plus de peur que de mal ! Par contre, la panique incontrôlée d`une jeune Bolivienne me fait réaliser que sur les passagers du bateau, Bruno et moi étions probablement les seuls à savoir nager ! D´un aute côté, 2 vieilles Cholas avaient l´air d´en avoir vu d´autres et s´étaient simlpement assises dans le fond du bateau, en attendant que ca passe. Copacabana est une petite ville très agréable, bien que touristique, et est un havre de paix après l´agitation et la pollution de La Paz. Comme au Vietnam, les "magnifiques" pédalos en forme de cygnes ont envahi la plage. Je commence à me demander s´il n´y a pas un concept à importer en France ;-). Nous nous trouvons à Copacabana au moment où se déroulent les fêtes de la Sainte-Croix, et les bandas et groupes de danse venus de toute la région et de La Paz envahissent les rues. Le vendredi, nous passons une excellente soirée à descendre quelques bouteilles de "té con alcohol" (une espèce de grog quoi !) en compagnie de jeunes Paceños, membres du groupe Les Myskies, et qui comme tout le monde, sont surtout venus faire la fête. Les particuliers, mais également les professionnels, viennent faire bénir leur voiture, bus ou camion devant la cathédrale, et en général, plutôt 2 fois qu´une : une fois pas le prêtre, puis ensuite par une "sorcière" indienne. De toutes facons, comme le souligne notre guide de voyage, c´est toujours moins cehr qu´une assurance ! Nous partons en excursion une journée sur l´Isla del Sol, une randonnée très agréable sur "El Camino del Inca", un de ces nombeux chemins pavés qui silonnent l´ancien empire inca (et dont le plus connu est bien évidemment celu qui conduit au Machu Picchu). On y découvre plusieurs vestiges incas. Retour à La Paz, où nous louons du matériel de camping (tente, duvet, tapis de sol, réchaud et set de cuisine, le tout pour 300 Bs, soit environ 27 €, pour 5 jours), et nous partons d`s le lendemain pour le trek d´El Choro. C´est un trek de 3 jours assez facile dont le point culminant est l´Abra Chucura à 4859 m, et qui se termine dans une végetation luxuriante à 1300 m. Car, ce que je ne devrais pas dire, c´est que le trek débue à 4725 m, et qu´il y a à peine 1 heure de montée avant de descendre tranquillement (et rpesque tout le long) en suivant une vallée. En tout cas, ce qui est sûr, c´est qu´à mon retour, j´offre une bouteille à mon podologue dont les semelles ont fait des miracles : je ne ressens quasiment plus de douleur aux genoux. Bruno est tout heureux, car il y voit ses premiers lamas (il commencait à s´inquiéter !). Le trek finit à proximité de Coroico, où nous nous posons 2 jours dans un hôtel super sympa et super tranquille, au milieu de la végétation, avec une terrasse qui offre une superbe vue sur la vallée et une piscine ! Si, si, ici, il fait chaud ! En plus, on y mange très bien : l´un des 2 meilleurs steaks de lama que j´ai mangé en Bolivie ! (il faut dire que c´est tenu par un Francais ! ;-) ). Un mot sur la nourriture en Bolivie : de manière générale, c´est pas tip-top, à moins d´être un fan inconditionnel du poulet-frites. D´ailleurs, la plupart des voyageurs qui traversent la Bolivie en direction du Nord attendent avec impatience la nourriture péruvienne qui a bien meilleure réputation. Où je me suis le plus régalé, c´est encore avec des plats tout simples achetés dans la rue ou sur les marchés (les soupes sont excellentes, ainsi que les empanadas et salteñas, et ne surtout pas manquer les tamales de Tupiza !!). A côté de ca, il y a quand même de très bons restaurants, en général tenus par des étrangers : pour manger un excellent steak de lama saignant, il faut aller dans un restaurant tenu par un Francais (et ce n´est pas du chauvinisme !). |