Nous repassons une nouvelle fois par La Paz (pas le choix !) avant de filer sur Potosi. Là, la phrase fétiche de Bruno au Vietnam "C´est pas des vacances" est bien vite remplacée par "C´est pas humain !". Il est vrai que la ville est située à 4200 m d´altitude et qu´il pèle, aussi bien dehors que dans la chambre qui est glaciale ! En plus, nous arrivons un dimanche et la ville morte : nous nous en voyaons pour trouver un café où nous réfugier et prendre un chocolat chaud ! Sinon, à part ca, la ville est très jolie avec ses nombreux bâtiments coloniaux et églises (pour les passionnés, il y a de quoi faire car il y en a plus de 80 !). Potosi, fondée en 1545 au pied du Cerro Rico par les Espagnols a en effet été une ville riche (et même très riche !), et l´exploitation des mines d´argent entre 1545 et 1825, période durant laquelle 8 millions d´esclaves espagnols et africains moururent, a permis de financer la couronne (la rumeur populaire dit qu´il y en aurait eu suffisamment pour construire un pont en argent entre le continent sud-américain et l´Espagne). Aujourd´hui, ces mines sont exploitées par des coopératives de mineurs, dans des conditions qui n´ont pas sensiblement évolué. L´espérance y est très faible, les mineurs, qui commencent souvent à y travailler à l´âge de 12 ans, étant atteints de silicose. Les mineurs supportent ces conditions de travail en mâchant tous les jours de grande quantité de feuilles de coca, qui agissent comme coupe-faim et suppriment la sensation de fatigue. Il est possible de visiter les mines (Claustrophobes, s´abstenir !), et c´est une visite passionnante, très instructive et éprouvante : un excellent moyen de vraiment prendre conscience de la dure vie des mineurs (vous y macherez de la coca et y boirez de l´alcool à 95 C !). Que vous prevoyez d´y aller ou non, je vous conseille un superbe documentaire : "The Devil´s Miners", où l´on découvre la vie des mineurs de Potosi à travers la vie d´un jeune garcon. De là, un bus annulé au dernier moment, nous oblige à changer un peu nos plans : au lieu de faire le Salar d´Uyuni et le Sud Lipez au départ de Tupiza, nous le ferons en sens inverse au départ d´Uyuni. Uyuni est, à l´image de San Pedro de Atacama, une ville qui vit pour et par le tourisme (il est très difficile de faire son choix parmi les nombreuses agences de voyage qui ont pullulé), mais qui n´en a pas le charme : de larges avenues balayées par un vent glacial ! (Oui, nous n´avons pas finir d´avoir froid !). Nous découvrons en arrivant que les gens qui viennent à Uyuni veulent faire le circuit classique de 3 jours Uyunu-Uyuni, et que à moins d´être un groupe constitué (5-6 personnes), il est impossible de faire autre chose. Au moment où nous commencons à nous résigner, nous rencontrons, par l´intermédiaire d´une agence, Sibel et Signe, 2 jeunes Danoises, puis dans la rue par hasard, Nicole et Dave, un couple Suisso-Anglais, qui cherchaient aussi à faire le circuit de 4 jours. Ce furent 4 jours fabuleux : à moins d´être vraiment complètement blasé, je ne vois pas comment on peut rester insensible aux paysages traversés ans cette région. Et nous craignions au début que le longs trajets en jeep nous pèsent, mais les payasages sont tellement variés qu´on ne voit pas le temps passer. Et il est vrai que nous avons la chance d´avoir un groupe très sympa et un excellent chauffeur, Javier, qui connait parfaitement la région et n´est pas avare d´explications. Bref, à un détail près, ce sera un circuit parfait ! ... Avant le dápart, nous nous équipons de gants et bonnet, et j´achète même un poncho car on s´attend à avoir très froid ! Nous partons à la mi-journée, et après avoir visité un cimetière de train, nous arrivons dans le Salar d´Uyuni, la plus vaste réserve de sel du monde, qui s´étend sur 12000 km2. La blancheur éclatante du Salar sur fond de ciel bleu est irréelle. D´ailleurs, c´est un lieu un peu magique : vous pouvez une bouteille d´eau ou un sac à dos géants, faire le con dans la paume de main de votre ami ... C´est d´ailleurs le grand jeu du Gringo dans le Salar, alors ne vous étonnez pas de voir des touristes couchés par terre, ou dans des positions uluburlesques : ce n´est pas une crise critique de mal des montagnes ! Nous passons notre première nuit en bordure du Salar dans un hostal de Sal, construit uniquement avec des blocs de sel : charmant. Le 2ème jour, nous traversons des paysages volcaniques et de nombreux lacs de toutes les couleurs. Nous y croisons une faune abondante : llamas, vicuñas, un renard très curieux et quelques flamants roses (des jeunes qui n´ont pas pu s´envoler pour San Pedro de Atacama, et qui pour la plupart ne passeront pas l´hiver). Nous passons la nuit dans un refuge très très basique (les toilettes avaient de quoi te couper totue envie !) au bord de la Laguna Colorada. Le lendemain, le départ est prévu à vers 5h-5h30 pour aller voir le lever de soleil sur le champ de geysers Sol de Mañana. Mais nous le verrons finalement du refuge, car il s´avère très vite que Javier n´est pas en état de conduire : il tient à peine debout et c´est d´ailleurs un autre chauffeur qui monte sur le toit jeep pour charger nos bagages ! Malgré les autres chauffeurs qui ne cessent de répéter "No hay problema !" (il y en a même qui nous dira sans sourciller que ca va passer, et que c´est lié à l´altitude ! Nicole, qui a une bonne répartie, lui fera remarquer qu l´on doit justement monter à 5000 m aujourd´hui donc cela ne va certainement pas s´arranger ! ;-) ), nous proposons à Javier de prendre un peu de repos ! Tant pis pour le lever de soleil ! Nous partons finalement en milieu de matinée (avec mille excuses de Javier), et faisons le programme prévu (à l´exception de la Laguna Celesta) : geysers (différents de ceux du Chili, car bien que moins impressionnants, ils sont beaucoup plus colorés), bain dans des sources d´eau chaude (30 C) sur fond de paysage de rêve (et là, c´est beau coup plus agréable à midi sous un solei lqui chauffe un peu qu´à 7 h du matin !), Laguna Verde et volcan Licancabur. Et bien qu´elle ait très mal commencée, nous sommes tous contents de notre journée (même s´il nous a fallu veiller à ce que Javier ne s´endorme pas au volant en lui posant n´importe quelle question, en lui offrant notre stock de feuilles de coca et lorsqu´on sentait que cela devenait critique, en demandant à nous arrêter pour admirer le magnifique paysage !). Le dernier jour, nous rejoignons Tupiza en visitant les ruines de San Antonio de Lipez (un ancien village espagnol dont une légende faisant intervenir le Diable explique l´abandon), San Vincente (surtout intéressant our les passionnés de la vie de Butch Cassidy et Sundance Kid), El Sillar, un ensble de pics rocheux créés par les pluies, et la Quebrada Palala et ses aiguilles rouges. Après ces 4 jours dans le froid (tous ceux qui y passent promettent de ne plus jamais se plaindre de la chaleur !), vous n´imaginez pas le bonheur d´une douche chaude ! Nous restons 2 jours à Tupiza, où nous profitons de températures plus clémentes. Nous en profitons pour faire une demi-journée de cheval dans des paysages désertiques de westerns spagettis. Mon expérience en Argentine m´a bien servi ! Et ce n´est pas mon cheval qui finissait dans les buissons à chaque galop (mais je ne balance personne ! ;-) ). Notre dernière étape en Bolivie est la capitale constitutionnelle : Sucre (oui, ce n´est pas simple : La Paz est la capitale administrative et le siège du gouvernement), surnommée "La ville blanche d´Amérique" avec tous ses bâtiments d´une blancheur éclatante. Durant les 2 jours que nous y passons, nous ne ferons que nous balader dans ses rues, car tous les musées et églises sont fermés, le 1er jour pour cause de manifestation (contre la nouvelle constitution et pour Sucre, capitale plénière) et le 2ème jour, pour cause de jour férié (Corpus Christi - Si quelqu´un peut m´expliquer ce que c´est !). Retour à La Paz (pour la dernière fois), où nous visitons le musée de la coca : beaucoup de lecture mais très intéressant, notamment sur l´usage traditionnel de la feuille de coca et ses vertus. On y apprend que le Coca Cola est à l´origine un mélange de feuilles de coca et de noix de cola du Ghana et est issu d´une imitation du vin Maryani, un alcool francais très célèbre de la fin du XIXeme siècle à base de cocaïne (il savait vivre à l´époque ! ;-) ). Il dénonce l´hypocrisie des états occidentaux qui tentent d´éradiquer la production de feuilles de coca, mais qui ne font rien pour éradiquer l´exportation des produits chimiques nécessaires à l´élaboration de la cocaïne et produits chez eux ! Le lendemain, Bruno prend son vol pour Toulouse et moi, un bus pour Puno (Pérou). Par contre, pour la première fois, le spectre du vol retour (la seule date que je ne peux pas repousser :-( ) apparait : il ne me reste plus que 2 mois et comme il se doit, c´est trop court ! ;-) Il y a longtemps que j´ai fait une croix sur l´Equateur, et je me dis maintenant que je vais traverser le Pérou rapidement en me contentant des attractions touristiques phares. J´aimrais en effet rester plus d´un mois en Colombie (le pays qui fait l´unanimité parmi les voyageurs qui visitent l´Amérique du Sud, notamment pour l´accueil des Colombiens) et je vais essayer de la rejoindre en bateau via la forêt amazonienne, ce qui va me prendre un peu de temps. |