Je décide de commencer par le Nord-Ouest. Je souhaitais faire une partie du trajet jusqu'à Battambang en train, mais après être passé a la gare de Phnom Penh (très tranquille, et pour cause !), j’apprends que sur les 2 lignes ferroviaires, vestiges de la période de colonisation, qui fonctionnaient il y a quelques années : la ligne vers le sud (Sihanoukville) ne fonctionne plus, et sur la ligne Phnom-Penh-Battambang, il n’y a qu’un train par semaine (trajet aller le samedi et retour le dimanche, ce qui ne correspond pas a mes besoins). Ce sera donc du bus. Je m’arrête pour commencer à Kompong Chnang (Merci Nadra pour le conseil), un petit village situé au bord du lac Tonle. C’est tres peu touristique (une tres bonne immersion, pour commencer a pratiquer son cambodgien), et la visite du village flottant en barque, avec une petite Cambodgienne, est vraiment tres agréable. On y retrouve toutes les activites d'un village, sauf qu'ici, les enfants ne jouent pas au foot dans les rues ! Sur la route de Battambang, je m'arrete dans un autre village flottant, Kompong Luong, près de Pursat : ils sont déjà beaucoup plus rodes au tourisme, et la visite du village est gérée par les autorités locales (prix fixe beaucoup plus élevé, et ici pas de barques (jugées pas assez sures pour les touristes !) mais des petits bateaux a moteurs). Par contre, alors qu'a Kompong Luong, ce sont principalement des maisons sur pilotis, ici, les habitations sont vraiment flottantes et se déplacent entre 5 et 9 km en fonction du niveau des eaux dans le lac Tonle. Dans les bus, les gens n'hesitent pas a discuter meme s'ils ne parlent que quelques mots d'anglais : sur le trajet Kompong Chnang-Pursta, un jeune avec qui je discute un peu (avec l'aide de mes 2 phrasebooks et 1 dictionnaire Anglais-Cambodgien !) me passera meme sa copine au telephone pour que je lui dise quelques mots ! Battambang, ma 3eme étape autour du lac Tonle, est une des villes ou l’on sent le plus le traumatisme Khmer Rouge, car elle a subi de plein fouet la guerre civile qui a suivi la chute du régime. La ville en elle-même ne présente pas grand intérêt mais la visite de la campagne environnante en moto était vraiment sympa : visite de quelques temples (n’ayant pas encore visite Angkor, je n’ai pas encore eu le temps de saturer) et petit tour de norry (ou bamboo train). Il s’agit d’un train en kit compose d’une plate-forme en bambou posée sur 2 essieux et équipé d’un petit moteur électrique. Il est utilise par les locaux pour transporter des marchandises. Comme il n’y a qu’une seule voie, lorsque 2 trains se croisent, ils comparent les chargements et le plus léger est déchargé et sorti des rails pour laisser le passage. Comme on me l’expliquera, le seul moment ou ne se pose pas la question de savoir qui est le plus lourd, c’est lorsqu’on croise un train de ligne classique ! Toutefois, comme signale plus haut, le risque de tomber sur un train passagers est très faible, et la présence d’un train de marchandises est exceptionnelle. Je prends ensuite un bateau pour rejoindre Siem Reap : une partie du trajet se fait sur de petits canaux au milieu de la mangrove et de petits villages de pêcheurs. C’est superbe ! Le site d’Angkor est l’attraction touristique phare du Cambodge (beaucoup de touristes ne voient qu’Angkor et Phnom Penh, et certains se demandent même ce que l’on peut en faire en un mois au Cambodge !). L’arrivée a Siem Reap fait donc un petit choc : un nombre impressionnant de grands hôtels de luxe et de cars de touristes. Mais même si on ne retrouve plus tout a fait l’atmosphère du Cambodge, les gens y sont toujours aussi souriants et accueillants. Même a l’entrée des temples, les gamins ou femmes qui t’abordent pour te vendre des fruits (les ananas, fabuleux !), des boissons, des cartes postales ou des babioles, le font avec le sourire et sans agressivité, et même si tu ne leur prends rien, ce n’est pas grave : ils discutent avec plaisir avec toi. Par contre, c’est la première fois que je dois marchander le prix des plats dans les échoppes-restaurants alors qu’on te présente une carte avec des prix dessus. Le 1er jour, c'est un peu par hasard : je m'arrete dans une des nombreuses echoppes qui bordent la route, regarde la carte et hallucine un peu sur les prix (~3.00 $ un plat de base, type "fried rice with chicken", que tu paies normalement (dans ce genre d’échoppes) au maximum 1$). Je m’apprête donc a aller voir ailleurs (avec peu d'espoir car je me doute qu'ils appliquent les memes tarifs) et elle me dit aussitôt qu'elle peut me faire un "special price for you" et me le propose a 1.50 $ (Je paierai 1.50 $ avec la boisson, ce qui était beaucoup plus raisonnable). Une fois que tu as compris le truc, tout va bien : tu jettes un œil a la carte, tu choisis ce que tu veux et tu proposes ton prix. Si c’est correct, il n’y a pas de discussions (on te demande simplement de ne pas le dire aux autres clients, même si la, c’est peut-être parce qu’ils ont paye moins cher ! ;-) ) Je reste 4 jours à visiter les temples : moi qui pensait saturer des la fin du premier jour, il n’en est rien. C’est magique ! Durant la période d’Angkor (802-1432), l’empire Khmer est l’un des plus puissants empires d’Asie du Sud-Est et couvre un territoire qui s’étend sur une partie du Myanmar, de la Thailande, du Laos et du sud du Vietnam. A son apogée, Angkor Thom, la capitale ou ont été érigés les principaux temples, abritait 1 million d’habitants (a une époque ou Londres n’en comptait que 50 000 !). Au XVème siècle, la ville d’Angkor Thom fut abandonne, livrée à la jungle et oubliée jusqu’à sa redécouverte au XIXème siècle par des explorateurs français. Les temples sont dissémines au milieu de la jungle (lorsqu’ils ont été redécouverts, c’est a dos d’éléphant qu’il fallait y accéder mais aujourd’hui, il y a de belles routes goudronnées) et sont très varies : il y a bien sur le superbe Angkor Vat, mais parmi mes préférés, figurent le Bayon et ses multiples visages sculptés, le Ta Prohm ou l’on peut admirer la force de la nature qui y a repris ses droits, ou des temples un peu perdus ou règne une atmosphère magique comme le Ta Nei ou plus encore le Beng Mealea. J’explore les coins et recoins d’Angkor a vélo (certainement le moyen le plus sympa, même s’il fait parfois un peu chaud en pleine journée). On peut même encore trouver quelques endroits un peu sauvages comme la porte Est d’Angkor Thom : au delà, un simple petit sentier s’enfonce dans la jungle et est censé rejoindre la route principale qui va de la porte de la Victoire au Ta Prohm. Je me lance fièrement a la conquête de ce passage oublié des touristes. Apres quelques centaines de mètres, je fais déjà moins le fier car le sentier est encombré de toiles d’araignées au milieu desquelles trône la maitresse des lieux, une toute petite araignée avec une tête de Gremlin (c’est jamais bon signe une tête de Gremlin !). Je me débarrasse régulièrement de celles qui finissent sur mon visage et poursuit bravement. Lors d’un arrêt pour faire le ménage avec un morceau de bois plutôt qu’avec ma tête, je sens une démangeaison au pied. Je jette un oeil et découvre que je suis en train de me faire dévorer un orteil par des fourmis tetraponera (comment ca, elles ne vivent qu’en Afrique ? Eh bien, on a peut-être oublié de leur dire a celles-là !). Quelques instants plus tard, j’entends un bruissement dans les herbes et découvre a quelques mètres, un buisson qui grouille littéralement d’araignées (a pattes fines celles-la). L’Indiana Jones qui sommeillait en moi retourne vite fait bien fait au lit (J’aurais du prendre ton chapeau papa !). N’écoutant alors que mon courage qui ne me dit pas grand chose, je bats vaillamment en retraite et rejoints la securite des cars de touristes a la porte de la Victoire. A Siem Reap, j’ai quelques réminiscences de ma vie passée ;-) : j’y retrouve en effet Loic, en vacances avec sa copine (eh, oui, même à l’autre bout du monde, pas moyen d’échapper a ses collègues de bureau !). Bon, il est vite pardonne lorsqu’il me remet un pot de confiture de figue et une boite de foie gras de la part de Catherine (Encore merci !). Je file alors sur la cote sud me poser quelques jours dans la station balnéaire du Cambodge : Sihanouk Ville. C’est un endroit qui a du être charmant il y a quelques années (il parait que ca a change en 6 mois), mais aujourd’hui, c’est devenu une réplique des hauts-lieux touristiques du sud de la Thailande (avec des plages moins belles) : bars, restos, bars, restos (il n’y a même plus la place de poser sa serviette sur la plage !) et son lot de prostitution, drogue et pédophilie(a priori, cela devient vraiment un gros problème au Cambodge). Je n’y passerai finalement que 2 nuits le temps de faire une journée de plongée (faut pas perdre la main !). Je pense qu'on doit pouvoir trouver des coins sympas et plus tranquilles sur la cote sud (du cote de Kep) mais je prefere remonter vers le Nord-Est. Je repasse pour la 3eme et derniere fois a Phnom Penh (c'est un peu comme en France, toutes les routes passent par la capitale), et je passe une soiree tres sympa en compagnie de Marakat et sa fille Sopheakna, des amies d'amis de mes parents (vous avez suivi ?), ce qui me permet d'experimenter une fois encore l'hospitalite et la generosite des Cambodgiens. |