Je pars pour le Mondolkiri, une région vallonnée située au Nord-est du Cambodge, que l’on atteint après 9 h de bus. Je ne me faisais pas d’illusions et me préparais à passer 10 ou 11 heures dans le bus, espérant simplement arriver avant la nuit (partant a 7 h du matin, c’était jouable). Une heure après le départ, c’est le 1er arrêt technique : la climatisation ne fonctionne pas. Cela parait anecdotique comme ça, mais il faut savoir qu’en Asie, si un bus est équipé de la clim, cela fait partie des équipements vitaux (du moins aux yeux du chauffeur) au même titre d’ailleurs que le klaxon. Quinze minutes plus tard, nous pouvons repartir (avantage par rapport au Vietnam : le chauffeur ne met pas la clim à fond, ce qui m’évite de sortir la polaire). Jusqu’à la pause déjeuner, à Snuol, la route est goudronnée et le délai annoncé semble tenable. Au moment de repartir, survient le 2eme arrêt technique : changement d’une roue (un grand classique en Asie).
Et le proverbe « Jamais 2 sans 3 » sera une nouvelle fois vérifié : après 1h30 sur une piste « carrossable », c’est l’ornière de trop ! Le verdict tombe une demi-heure plus tard : c’est mort ! Le probleme, c’est qu’au milieu de la jungle il n’y a pas de couverture téléphonique : le chauffeur se fait donc prendre en stop pour rejoindre la ville suivante, d’ou il appellera la compagnie qui enverra un bus depuis Sen Monorom. Ceux qui espéraient voir le coucher de soleil à Sen Monorom font une croix dessus.
Je finis par me joindre a un groupe de 3 Cambodgiens qui ont trouvé une remorque de pick-up à destination de Sen Monorom. Assis sur le rebord, je m’accroche comme je peux pour ne pas être éjecté à chaque ornière ou virage brusque (pour éviter une ornière). La 1ere demi-heure, c’est amusant, après une heure, tu ne souris que lorsqu’on te regarde pour signaler que tout va bien, et après 1h30, tu te demandes quand tu vas enfin arrive. J’avais aussi oublié la quantité de poussière que l’on peut manger a l’arrière d’un pick-up ! Lorsque 1h30 plus tard, nous croisons le bus de secours, les Cambodgiens me font signe que nous avons fait le bon choix. Mais ils ne connaissaient sans doute pas le proverbe « Ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tue » : a 45 minutes de l’arrivée, je suis a moitie éjecté du pick-up par ce que je pense tout d’abord être une crevaison (c’est un peu violent, mais bon, compte tenu de l’état de la route …) avant de voir une roue nous dépasser. Il me faudra encore quelques secondes pour réaliser que c’est la notre ! Appel des dépanneurs qui débarquent en force : 4 gars sur 2 mobylettes... heureusement rapidement suivis d’un pick-up de secours. Au final, arrivée à 20h30 !
Le Mondolkiri, ça se mérite (d'un autre cote, il y a 20 ans, il fallait passer par le Vietnam pour y aller !) mais cela vaut vraiment le coup ! Les paysages sont magnifiques et les gens encore plus accueillants que dans le reste du Cambodge (si, si, c’est possible !). J’y resterai finalement une semaine !
Je passe la première journée en compagnie de 3 Cambodgiennes de Phnom Penh, Sam, Sopha et Sokhar, rencontrées dans le bus et venues visiter le Mondolkiri : Sam, qui est une guide francophone, réserve un pick-up avec chauffeur et s’occupe du programme de la journée (cascades, villages, …). Je n’ai qu’à suivre.
Dans les jours qui suivent, je me joints a Brigitte et Gilles, un couple de Français, pour faire un trek de 2 jours avec nuit au milieu de la jungle : au Cambodge, ils ont des hamacs de l’armée américaine de compet (j’ai failli en ramener un !) mais par contre, les couvertures sont un peu legeres, meme bien enveloppes dedans ! Nous traversons quelques habitations complètement isolées, dont les habitants vivent de pas grand-chose, notamment dans la dernière que nous croisons ou la, c’est le dénuement le plus total (et pourtant la femme n’hésitera pas a proposer de la soupe a Brigitte !). Chose surprenante : une vie animale quasi inexistante (la nuit, je m’attendais a entendre énormément de cris d’animaux, mais rien !), sans doute lie aux problèmes de déforestation.
Notre guide, Nara, etant excellent et tres sympathique (meme s'il parle peu anglais), je m’arrange directement avec lui pour organiser une randonnée a dos d’éléphant le lendemain. Ce sera une bonne journée passée en compagnie de Nara et d’un couple, Trun et Valeria, même si, au final, 4 heures sur le dos d’un éléphant, c’est un peu long : ce n’est pas super confortable et tu t’ennuies un peu.
Le jour de Noël, Som Nang, un jeune Cambodgien qui gère un bar à Sen Monorom et avec qui on avait organise le trek, organise une « Big Christmas Party » (Comme dit Som Nang, au Cambodge, toute occasion est bonne pour faire la fête !) avec barbecue offert. Nous sommes en petit comite (6-7 touristes et 4-5 Cambodgiens) mais tiendrons finalement jusqu'à 3 heures du matin (pff plus l’habitude !!).
Un couple de belges, qui dispose d’une voiture avec chauffeur (nous n’avons pas les mêmes valeurs ! ;-) ) et qui rentre sur Phnom Penh, propose de me déposer a Snuol le lendemain. De la, je continue en pick-up jusqu'à Kratie, une ville assez agréable située au bord du Mékong et ou l’on peut admirer les dauphins d’Irrawaddy, dauphins d’eau douce en voie de disparition. La, je traîne essayant de trouver une étape supplémentaire sur la route du Laos, bref, tentant de retarder le moment de passer la frontière. Mais bon, la validité de mon visa ne me permet pas de visiter une autre région (je voulais aller initialement au Ratanakiri), donc je finis par me raisonner et prends un bus direct jusqu'à la frontière laotienne. Le poste frontière (un bien grand mot) est une cabane perdue au milieu de nulle part, ou on nous demandera 1$ pour le coup de tampon (Ah corruption, quand tu nous tiens !) : comme j’avais été prévenu, je ne protesterai même pas (sans doute à tort). Idem coté laotien, il n’y a pas de raison ! Par contre, après coup, cela s’avérera être une bonne affaire : alors que la durée du visa pour le Laos est normalement de 1 mois (je prévoyais de demander une extension d’une dizaine de jours a Vientiane), on nous a octroyé 2 mois ! (Et cela semble être le cas de tous les touristes passes par le Cambodge).
Commentaires sur cet article Philippe Effectivement Loic, bien vu, mais il va de soi que c´était uniquement pour voir si tu suivais ! ;-) Je peux donc remettre la vraie photo du Bayon (des que je trouve un lecteur DVD).
loic Salut philippe !!
j'ai bien aimé ton commentaire sur une de tes photos, je cite : "Le Bayon - De loin, cela ne ressemble a rien ..."
Et c'est vrai surtout quand ce n'est pas le bayon en photo !!! enfin ça m'a bien fait rire. sinon j'espère que tu vas bien et que ton périple au laos se passe bien A
ratatouille Coucou Philou!!
Voilà, on a laissé les parents mettre leur commentaire en premier, comme çà,c'est eux qui on l'air scotché sur leur ordi et pas nous!!RIRE On désespérait un peu d'avoir de nouveaux récits car plus d'un mois sans news de ta part nous paraît être un siècle!...comme quoi, je ne sais pas si c'est le fait de ne pas être sur le même fuseau horaire, mais la perception du temps entre toi et nous (restés en France)n'est pas la même!!RIRE En tous cas c'est toujours une grande joie de te lire!!Nous continuons à nous "culturiser" à travers tes récits :tu vois non seulement ton voyage nous permet de voyager "par procuration", mais en plus tu contribues à l'enrichissement de notre culture, et là, tu peux y aller car y'a encore du boulot!!RIRE (T'as vu ça, maintenant je n'ai même pas besoin de toi pour me casser: je me casse toute seule!!...c'est grave docteur?!?!...Ca c'est vraiment un signe que ton absence commence a être vraiment trop longue!!RIRE) Nous te faisons tous les 3 plein d'ENORMES bisous rien que pour toi!!Nous t'aimons de tout notre coeur et tu nous manques encore et toujours beaucoup beaucoup!!A bientôt Soeurette, Alex et Léa.
les parents Encore nous ! Tu as vraiment su nous faire partager tes émotions, tes rencontres, tes péripéties toujours avec beaucoup d'humour ; on a adoré tes photos et on suppose que tu en auras beaucoup d'autres à nous montrer.Le Cambodge est une destination qui nous tente mais il nous faudra attendre la retraite pour pouvoir nous y rendre hors saison des pluies ! Affectueusement