Du 12/03/08 au 12/04/08 : de l´île de Chiloé à Valparaiso

Récits de voyage > journal de voyage
Chili - Puerto Varas, Ile de Chiloé, Valdivia, Pucón, Talca, Santiago, Valparaiso
de Philippe, le 07-05-2008

Du 12/03/08 au 12/04/08 : de l´île de Chiloé à Valparaiso

Le Chili est certainement le pays le moins dépaysant que j´ai fait jusqu´à présent : le mode de vie est occidental et la population est issue de vagues d´immigration successives (Espagnols bien sûr, mais également Français, Anglais, Irlandais, Italiens, Croates et Allemands). Seuls 11% de la population actuelle est indigène. On y croise ainsi aussi bien des bruns au teint mat que des blonds aux yeux bleus. On me dira même que j´ai une tête de Chilien ! Au début, j´aurais été sceptique, mais compte tenu du nombre de fois où des Chiliens m´ont demandé leur chemin, je finis par le croire. Par contre, il me suffit de prononcer quelques mots en espagnol pour qu´ils se rendent compte de leur méprise !

L´avantage de voyager en Amérique du Sud, c´est qu´une fois la frontière franchie, tu n´es pas obligé de faire un reset et d´apprendre une nouvelle langue. C´est du moins ce que je croyais avant d´arriver au Chili : la base est bien espagnole, mais parlé très vite, en mâchant la moitié des mots, en supprimant les ´s´, en transformant les suffixes ´as´ en ´ai´ (´¿A donde vai?´), et en ajoutant quelques expressions comme ´¿Te cachai? (¿Entiendes?) ou ´Huevon´ qui correspond un peu au ´Putain con´ toulousain. Bref, j´ai l´impression de ne plus rien comprendre, et lorsque tu tombes sur quelqu´un du cru, même le traditionnel ´¿Puede hablar mas despacio?´ ne suffit pas.

Je franchis donc la frontière au niveau de Villa La Angostura, et ce n´est pas une mince affaire. Le Chili est une forteresse où il faut montrer patte blanche ! Même au niveau d´une frontière terrestre, les sacs sont fouillés et passés aux rayons X. A la recherche d´explosifs ? De drogues ? Non, bien pire ! Les agents du SAG sont à la recherche d´une pomme ou d´une pêche que tu aurais oubliée de jeter avant de franchir la frontière. Et attention une simple pomme peut coûter entre 50 $ et 100 $ ! (en fonction de ta vitesse à obtempérer. Eh oui, c´est bien une règle internationale : ne jamais essayer de discuter avec un policier, ou pire, un douanier !). J´en vois qui commence à sourire, mais non, cela ne m´est
pas arrivé ! Ils sont en effet un peu paranoïaques quant aux maladies et pestes qui pourraient toucher leurs vignes et vergers.

Ma première étape est Puerto Varas, une petite ville à l´influence allemande, située au bord du lac LLanquihue. Le lendemain, je décide d´aller passer la journée à Puerto Montt pour ce qui sera ma journée la plus coûteuse depuis le début du voyage. Située à 20 km, c´est la capitale de la région, et est décrite dans mon guide de voyage, comme "according to everyone except for the Puerto Montt tourist office, not scenic". On peut donc se demander ce que j´allais y faire. En fait, depuis une dizaine de jours, mon appareil photo est devenu myope et ne fait plus la mise au
point au loin. N´ayant aucun espoir de le faire réparer en dehors de Buenos Aires et Santiago (Et encore !), j´avais regardé sur Bariloche pour en acheter un basique pour finir le voyage. Mais surprise, les prix étaient 40 à 50% supérieurs à ceux pratiqués en France (même avec le cours actuel de l´euro). J´avais donc décidé de suivre les conseils d´Argentins qui m´avaient dit que l´électronique était moins cher au Chili, et m´étais donc contenté d´un Kodak jetable en attendant. Voilà la raison de ma présence à Puerto Montt. Je vais donc dans un mall (les centres commerciaux qui foisonnent en Argentine et au Chili), et après avoir fait le tour de quelques magasins, je m´installe dans un cybercafé pour lire quelques critiques sur les appareils que j´ai repérés. Etant devenu un peu plus prudent depuis qu´on avait essayé de me voler mon sac à dos à
2 reprises en 1 h à Buenos Aires, je place mon sac sous la table entre mes jambes. J´omets seulement un détail : il y a un autre PC en face du mien et aucune cloison entre les 2 tables. Cela suffira à une jeune Chilienne pour me l´embarquer. D´après ce qu´on me dira, elle est partie depuis à peine 1 minute ou 2, lorsque je me rends compte que mon sac n´est plus là, mais c´est suffisant pour qu´elle soit sortie du mall avant que les vigiles ne soient prévenus. Après coup, on ne peut s´empêcher de s´en vouloir, non pas d´avoir été imprudent (même si depuis, je passe systématiquement la bandoulière du sac autour de ma jambe ou du pied de la chaise), mais pour ce qu´il y avait dedans (principalement mon appareil photo défectueux avec toutes les photos d´Argentine), sachant que ce jour-là, je n´avais besoin de rien. Mais bon, cela ne sert à rien et il vaut mieux tourner la page. Et finalement, je ne m´en sors pas trop mal : c´est impressionnant le nombre de touristes que je rencontre et qui se sont faits voler quelque chose (principalement au Chili, en Bolivie et au Pérou). Les 2 records : un allemand qui s´est fait voler à 3 reprises en 1 semaine, et une Anglaise qui avait tout dans son sac : passeport, CB, appareil photo et liquide ! (Bon, là, elle cherchait un peu !).

Je passe ensuite une semaine sur l´île de Chiloé, qui a des petits airs irlandais ou bretons (en tout cas, la météo est la même !). C´est une île très verte, baignée de légendes, et l´architecture des maisons et églises,  tout en bois et très colorées, est superbe (l´atmosphère de ces églises en bois est beaucoup plus chaleureuse que celle de nos  églises en pierre, très froides). Trois petits îlots servent de lieu de nidification pour les pingouins  Humboldt et de Magellan. Un tour en bateau permet de bien les voir. Nous prolongeons finalement le tour pour découvrir une colonie de lions de mer.

Je remonte ensuite en faisant quelques petites étapes de 2-3 jours à chaque fois :
    - Valdivia, une ville universitaire dont l´un des attraits est la présence de colonies de lions de mers, qui ont tout compris et qui viennent quémander tous les matins près du marché aux poissons. Le soir, ils s´installent carrément sur les quais. Je ne pensais pas en voir d´aussi près (Et dire que j´ai payé pour aller en voir sur l´île de Chiloé !)

    - Pucón, qui attire nombre de touristes pour ses multiples possibilités d´activités, notamment l´ascension du volcan actif Villarica. C´est une excursion que tu ne peux faire qu´avec guide et les prix s´avèrent très élevés. Je me contenterai donc d´une randonnée dans le parc national Querehué, qui passe près de nombreux lacs et qui traversent des forêts d´araucarias, une variété de pins gigantesques vivant plus de mille ans (et également surnommés ´le désespoir des singes´ à cause de leurs branches composées de centaines d´épines très pointues).

    - Talca, où je fais probablement ma plus belle randonnée au Chili, dans le parc national Altos de Lircay, jusqu´à El Enladrillado, un petit plateau basaltique, d´où la vue sur le canyon Río Claro et la chaîne des Andes est à couper le souffle. Talca est également connue pour sa production de vins, et j´y goûte mon premier Carmenere, un cépage issue de la région bordelaise mais qui n´a pas été replanté après l´épidémie de Phyloxera, car il arrive à maturité tardivement et est mal adapté au climat humide bordelais (ce n´est pas moi qui le dit !).

J´arrive ainsi à Santiago. Pas grand chose à en dire si ce n´est que c´est une grosse ville. J´exagère un peu, mais 1 jour ou 2 suffisent amplement : quelques jolis bâtiments dans le centre, quelques espaces verts comme le cerro Santa Lucia et le Cerro San Cristóbal qui offrent de belles vues sur la ville, et le quartier Bellavista, lieu de sortie obligé du week-end et très sympa pour son atmosphère plus détendu et plus décontracté que Palermo à Buenos Aires.

Par contre, à 1h30 de Santiago, sur la côte, se trouve Valparaiso, classée au aptrimoine mondiale de l´humanité et surnommée "la perle du Pacifique". Cette dénomination est un peu exagérée, mais il est vrai que cette ville a un charme et une atmosphère que j´aime beaucoup. Lorsque tu arrives en bus, tu commences par découvrir le port et le centre-ville, tous deux situés en contrebas, et dont j´aurais pu dire « ouais, c´est juste une grosse ville portuaire ! ». Mais Valparaiso, ce sont aussi ses dédales de ruelles, ses escaliers qui ne mènent nulle part et ses maisons colorées qui ont pris possession des collines environnantes. La meilleure façon de découvrir et apprécier Valparaiso, c´est de se promener au hasard des ruelles et escaliers pour se retrouver après moult détours au point de départ ! Le week-end, les rues et places sont envahis d´étudiants, qui, leur carnet de croquis à la main, croquent leur ville. Pour accéder à ces collines, tu peux utiliser l´un des 15 ascenseurs extérieurs en activité et datant de la fin du XIXème  siècle (le plus ancien date de 1883) : pour cela, il faut commencer par en trouver l´entrée, en général, un étroit passage sombre entre 2  immeubles, tu arrives alors à une cahute où une femme aimable comme une porte de prison  te débloque, une fois que tu lui as remis le droit de passage (100 ou 150 pesos chiliens), un tourniquet à l´aide d´une pédale. Tu rentres alors dans l´ascenseur, aux allures de cabane de chantier, qui s´élève dans un premier temps dans l´ombre des immeubles avant de déboucher au soleil et de t´offrir une magnifique vue sur le Pacifique. Quelques minutes plus tard, tu sors dans une station claire et ensoleillée de l´un des cerros (monts) de la ville.

Mais comme dans beaucoup de grandes villes, ce qui frappe ici, c´est le contraste entre des quartiers riches (notamment les quartiers touristiques des Cerros Alegre et Concepción) et des quartiers très pauvres, où on me déconseillera d´aller traîner le soir.

Voilà, je m´apprête à aller passer une semaine de vacances bien méritée (Si ! Si !) sur l´île de Pâques.

 

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article
les parents
Hé! oui! On ne rate pas un récit et on tient à ce que tu le saches.On est bien content de voir tes photos et surtout de te voir ;car mine de rien les dernières dataient de New-York, c'est à dire de février : on constate que tu as bonne mine et les paysages sont superbes ; on attend avec impatience celles de "Rapa Nui" Bisous
 

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
16/07/2008 : Du 08/06/08 au 26/06/08 : la Selva
13/07/2008 : Du 24/05/08 au 07/06/08 : le sud du Pérou du lac Titicaca à Lima
10/06/2008 : Du 11/05/08 au 24/05/08 : le Sud-Ouest
10/06/2008 : Du 27/04/08 au 10/05/08 : de La Paz aux Yungas, en passant par le lac Titicaca
26/05/2008 : Du 13/04/08 au 27/04/08 : Rapa Nui et le Norte Grande
21/04/2008 : Du 13/02/08 au 12/03/08 : Première étape en Amérique du Sud
30/03/2008 : Du 08/02/08 au 12/02/08 : New York
08/03/2008 : Du 17/01/08 au 08/02/08 : pélerinage dans le Nord du Laos
23/02/2008 : Du 28/12/07 au 17/01/08 : le sud du Laos
29/01/2008 : Du 19/12 au 28/12 : Le Nord-Est
22/01/2008 : Du 03/12 au 18/12 : le Nord-Ouest et la cote Sud
22/01/2008 : 01/12 : Arrivee a Phnom Penh
17/12/2007 : Du 18/11 au 31/11 : le sud du Vietnam
14/12/2007 : Du 12/11 au 17/11 : le centre du Vietnam
09/12/2007 : Du 31/10 au 11/11 : le Nord, de Sapa a la baie d'Ha Long


Autres liens :

Tags
Du 12/03/08 au 12/04/08 : de l´île de Chiloé à Valparaiso - Valdivia - Ile de Chiloé - Puerto Varas - Pucón - Talca - Chili - Valparaiso - Santiago -