| Je viens de quitter la Bolivie, et je me rends compte que je n´ai toujours pas fini le récit de mon séjour au Chili. Je vais donc essayer de rattraper un peu mon retard.
J´en étais donc resté à mon départ pour Rapa Nui. J´utilise le nom polynésien, plutôt que l´espagnol, Isla de Pascua, car meme si l´île est Chilienne depuis son anexion en 1888, qu´on y parle espagnol et qu´on peut y manger des empanadas, il ne faut pas longtemps pour se rendre compte que la culture est clairement polynésienne. D´ailleurs, les tarifs aussi sont plus ploynésiens que sud-américains (même selon les standards chiliens déjà élevés) : pour le dîner, je finirai par faire les courses et cuisiner à la résidence. Cela me permettra de faire connaissance avec les seuls autres résidents de la pension, une famille de Santiago très sympathique venue passer 5 jours sur l´île. Rapa Nui, c´est magique ! C´est une petite île (24 km de long et 12 km de large) perdue au milieu de l´océan Pacifique, à 3600 km des côtes chiliennes et 2100 km de l´île habitée la plus proche. Et pourtant qui n´a pas entendu parler des Moais, ces statues géantes érigées un peu partout sur l´île. Et imaginer la tâche titanesque qu´il a fallu pour les sculpter, les déplacer et les ériger sur leur Ahu (plateforme de pierre) a de quoi laisser songeur. Je reste une semaine sur l´île et il me faut bien ca pour la découvrir tranquillement, à pieds ou à vélo (en passant, la location de vélo me revenait plus chère qu´une moto au Laos ... Sniff), et profiter de ses quelques plages. Car même si Rapa Nui est une île volcanique et qu´on n´y vient pas pour ses plages, elle en compte tout de même deux superbes : la plage d´Akanea est une véritable carte postale avec son sable blanc, ses palmiers et ses Moais qui la surplombent, et la plage d´Ovahe, située dans une petite crique. Et si on ajoute que l´eau est à 24 C, on n´est pas loin du paradis. Les sites que j´ai préféré sont l´Ahu Tongariki, le plus grand Ahu jamais construit sur lequel se dressent 15 Moais, le volcan Rano Raraku où étaient sculptés les Moais et sur les pentes duquel se trouve des dizaines de Moais à différents stades de finition et en général enterrés jusqu´aux épaules, et le volcan Rano Kau dont le cratère abrite un lac. J´en profite également pour renouer avec la plongée. Malheureusement, le temps s´est un peu dégradé en fin de semaine, et la visibilité n´était pas celle dont on m´avait parlé et qui me laissait rêveur (40 à 60 m), mais était tout de même correcte : 10-15 m. Par contre, ce n´est pas encore cette plongée qui me fera oublier Florès ! De retour sur le continent, je passe une nuit à Santiago (pas le choix) avant de faire 24 h de bus pour rejoindre San Pedro de Atacama, dans le nord du Chili. Un petit mot sur les bus chiliens : ce sont sans doute les meilleurs bus que j´ai pris jusqu´à présent en termes de confort (et pourant je me contentais des semi-camas) et de sécurité (affichage du temps de conduite de chaque conducteur et alarme sonore lorsque la vitesse excède 100 km/h). Mais je sais que je mange mon pain blanc avant la Bolivie et le Pérou. Située à 2400 m d´altitude, San Pedro est une oasis au milieu du désert d´Atacama. Avec ses maisons basses toutes blanches et une population un peu plus indigène, elle dénote avec le reste du Chili. Mais comme souvent, la présence de nombreux sites exceptionnels a entrainé la prolifération (pour le meilleur et pour le pire) de guest-houses, bars, pizzerias et agences de tourisme. Et c´est vrai qu´il y a de quoi faire ici, mais cela revient vite cher, car les sites étant éloignés, il est nécessaire de passer par des circuits organisés (ou de louer une voiture).
L´un de mes meilleurs moments (bien que glacial) est le lever de soleil à El Tatio, un champ de geyser situé à 4300 m d´altitude. La beauté de ce spectacle hallucinant (des jets de vapeur qui peuvent atteindre une hauteur d´une dizaine de mètres), aux petits airs d´Alien (le premier), fait bien vite oublier le réveil difficile à 4 heures du matin pour se retrouver dehors avec des températures de -9 C. Le désert d´Atacama est également célèbre pour la clarté de son ciel (de nombreux observatoires internationaux se sont installés là-bas) et j´en profite pour aller observer le ciel en compagnie de Alain Maury, un astronome francais qui possède 6 téléscopes et qui vit de sa passion en organisant des tours pour les touristes. Une soirée fraîche mais passionnante ! N´ayant pas eu ma dose de snowboarding cette année, je me fais une session d´une demi-journée de sandboarding dans la Valle de la Muerte. Au final, c´est assez proche de la pratique du snowboard (du moins dans la poudreuse) à quelques différences près : il faut monter à pieds (eh oui, il n´y a pas de télésièges installés au sommet des dunes !), il faut farter (à l´aide d´une bougie) avant chaque descente, et il fait beaucoup plus chaud (car autant la nuit, il fait frais, autant la journée, il fait très chaud) ! Il y avait encore beaucoup de choses à faire, mais mon budget aurait difficilement supporté un séjour plus long ici, et je dois retrouver Bruno à la fin du mois à La Paz (Finalement, même si ce n´était « pas des vacances », il a resigné pour un mois). Je prends donc un bus pour la Bolivie, et fais une dernière étape à Arica, sur la côte, pour couper le trajet. |