Du 28/12/07 au 17/01/08 : le sud du Laos

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Laos - De Dongkalor a Tha Kaek
de Philippe, le 23-02-2008

Du 28/12/07 au 17/01/08 : le sud du Laos

Ah le Laos ! Que de souvenirs ! J´y arrive cette fois avec une petite appréhension : est-ce que je n´attends pas un peu trop de ce retour dans un pays que j´ai adore ? En 4 ans, tant de choses ont pu change ! Et bien, il n´en fut rien, et malgré le développement du tourisme, c´est comme si le Laos restait fige dans le temps et que rien ne pouvait ébranler sa sérénité et sa tranquillité.

Cette fois, je commence donc par le sud (que je n´avais pas eu le temps de visiter il y  a 4 ans : un mois, c´est trop court !). Ce qui me frappe rapidement, c´est la nonchalance qui règne ici, et même selon des critères asiatiques, les Laotiens vivent vraiment à 2 à l’heure (en particulier dans le sud). D´ailleurs, il existe un dicton qui date de la colonisation et qui illustre très bien ca : “les Vietnamiens cultivent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l’écoutent pousser” ...

Dans les restaurants par exemple, alors qu´au Vietnam on commandait l’apéro puis on trainait un peu avant de commander à manger, sinon on n’avait jamais le temps de finir notre bière, ici, même en passant la commande en même temps, tu as largement le temps de boire 3 ou 4 Beerlao (et pourtant elles font 650 ml !) avant de voir le plat arriver. Et quand tu manges seul, tu ne fais qu´une fois l´erreur d´oublier de prendre un livre ! Au petit-déjeuner, il n´est pas rare de voir arriver ton café, puis un quart d´heure plus tard, ta baguette et ta confiture, et enfin un quart d´heure plus tard ton milkshake a la banane. Et j´exagere a peine ! Bref, ici, le mot stress n´existe pas !

Le Laos, c´est aussi le premier pays ou je ne suis pas salue par un “hello” mais par un “sabaidii”, ce qui montre l´attachement des Laotiens a leur culture. Par contre, ils sont beaucoup plus timides que les Cambodgiens, et ils hésitent beaucoup plus à t´aborder, a moins qu’ils ne soient en groupes (il y a toujours le courageux de la bande) ou qu’ils aient déjà quelques verres dans le nez ... Lorsque les 2 conditions sont reunies, tu es a peu pres sur d´etre invite a te joindre a eux, et la difficulte est alors d´esquiver les verres de Lao Lao de bon matin.

Je commence donc mon séjour au Laos par la région la plus zen qui puisse exister : Sii Phan Don (4000 iles), qui tire son nom des nombreuses (je ne confirmerai pas le chiffre de 4000) iles qui parsèment cette portion du Mékong. Je ne resterai que 2 jours sur Don Khon et Don Det de peur de ne plus pouvoir repartir ;-), tant cet endroit te vide de tout courage et de toute volonté : des voyageurs y restent scotchés et le seul moment ou ils arrivent a s´arracher de leur hamac, c´est pour se trainer jusqu´au restaurant (Bon, il est vrai que ca ne fume pas que des cigarettes ici !). Par contre, si tu ne sombres pas dans cette torpeur ambiante, les balades en vélo ou a pieds au milieu des rizières sont vraiment tres sympas.

 Je passe le réveillon du jour de l´an a Paksé, mais c´est une erreur stratégique : trop grand pour retrouver une atmosphère convivial semblable a la soirée de Noel a Sen Monorom, et pas assez grand pour qu´il y ait une grande soiree dans un bar a laquelle se joindre. Bref, rien a signaler.

Je reste ensuite une semaine sur le plateau des Bolavens et les environs. Je commence par rejoindre Sekong et Attapeu, 2 villes situées un petit peu au bout du monde, en tout cas loin des flux touristiques. D´ailleurs, dans un restaurant, qui faisait un peu office de bureau d´informations, on peut lire (et je pense que cela peut s´appliquer a tout le sud du Laos) : «  if you can imagine just being, without the pretensions of always finding the most fantastic and remarkable things, and not running around expecting to see something unique and utterly picturesque around each and every corner. If you can endure a place with virtually no action whatsoever apart from the public radio broadcasting the local and national news in the mornings and evenings. This is a place for you”

Ainsi, l’un de mes grands plaisirs dans le sud du Laos sera de m´asseoir un peu avant le coucher du soleil sur une terrasse au bord d´une des nombreuses rivieres qui sillonnent le Laos et de siroter une bière ou un lao lao avec citron tout en observant la vie au bord de l´eau (bref, regarder les gens travailler !).

Je loue egalement une moto sur 2 jours pour me balader sur le plateau au milieu des plantations de cafe et m´arretant pour admirer quelques cascades, dont certaines assez spectaculaires (comme quoi, il y a quand meme des choses a voir ;-)  ).

Je poursuis sur Savannakhet et Tha Kaek, 2 villes qui ont un petit air français : a Savannakhet, lorsque, au détour d´une rue, je débouche sur une place, je reste quelques instants a me demander si je rêve éveillé, tant on se croirait sur la place d´un petit village de France (il y a même l´église au bout de la place !).

D’ailleurs, des 3 pays qui constituaient l´Indochine, le Laos est certainement celui qui a le plus conserve l´influence française : la pétanque est le sport national (ils sont d´ailleurs champions d´Asie) et prend de plus en plus d´ampleur, on y achète sans problème de tres bons croissants, et il n´est pas rare (en tout cas dans le sud) de rencontrer des gens parlant français (meme s´ils sont rarement jeunes) .

A la poste de Tha Kaek, je fais la connaissance de Sopha, qui dirige une école de langue (anglais, français et vietnamien) et qui a vécu 14 ans en France. Il m´invite chez lui, et je fais connaissance de sa famille, ainsi que de Seecafe et Belly, 2 jeunes qu´il héberge et qui enseignent l´anglais dans son école, et de sa voisine, Mae (¨maman¨) Theng, qui m´adoptera comme son fils. Le soir, nous allons a Ban Nakaphan, un village dans les environs, manger chez des amis de Sopha. Pour accueillir un hôte de marque comme moi ;-), se joignent, entre autres, au diner le chef de village et son adjoint. Une bonne soiree, arrosee comme il se doit de Lao Lao et Beerlao !

Le lendemain, je les accompagne a leurs cours d´anglais, histoire d´enseigner aux eleves la bonne prononciation (on ne rigole pas s´il vous plait !). Je participe aussi au cours de francais ... auquel assistent 4 eleves !

Etant maintenant un biker chevronne, je decide de me lancer dans « the Loop », une boucle de 3-4 jours, qui a fait couler beaucoup d´encre : a la guest-house ou je loge, les compte-rendus de ceux qui l´ont realisee (du moins ceux qui en sont revenus !) remplissent 6 cahiers (plans a la mano, conseils, ...). En dehors d´une chute , sans dommages, des la premiere heure, tout s´est bien passe. Par rapport aux recits datant de plus d´un an, l´etat de la route s´est nettement ameliore, et le trajet ne presente plus de difficultes majeures (du moins pendant la saison seche) mais il reste une portion fort sympathique, ou il est conseille de ne pas lever les yeux de la route. Le 1er jour, de nombreuses grottes parsement le parcours (je me contenterai d´en visiter deux, dont une dont l´eclairage psychedelique laisse supposer l´organisation prochaine d´une rave party ! En tout cas, je ne vois pas d´autre explication). Le 2eme jour, je rencontre un couple de suisses, Fabio et Dijana, avec qui je finis le trajet. Nous passons la nuit dans une homestay, a Ban Konglor, et comme toujours, ce que l´on perd en confort (bain dans la riviere, toilettes a l´autre bout du village), on le gagne en accueil et convivialite. Et meme si la famille ne parlait pas anglais, nous passons une tres bonne soiree et partageons Lao Lao et Beerlao. Le lendemain, c´est le clou du spectacle avec la visite d´une riviere souterraine de 7 km de long que l´on traverse en bateau. Magnifique !

De retour a Tha Kaek, je suis heberge chez Sopha (apres une longue discussion avec Mae Theng qui voulait que je dorme chez elle), en principe pour une nuit, mais je finis par ceder et reste finalement une journee de plus.

 

Il est maintenant temps de repartir si je veux avoir le temps de revoir tout le monde dans le nord du Laos.  Toute la famille m´accompagne a la gare routiere pour me faire ses adieux, en esperant me revoir un jour (moi aussi d´ailleurs). C´est le probleme du Laos : je venais pour revoir des gens rencontres il y a 4 ans, et je vais repartir en me disant qu´il faudra que je revienne visiter Mae Theng, Sopha, Belly et Seecafe. Je ne m´en sortirai jamais ! ;-)

 

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