Nous quittons donc l’île de Cat Ba le lundi 12/11. Notre descente vers le sud débute mal, car nous avons droit à une arrivée cauchemardesque à Ninh Binh. Une nuée de rabatteurs s’abat sur nous à la gare routière, ce qui en soi n'a rien d'exceptionnel, mais l’un d’eux refuse de lâcher le morceau et devient rapidement plus que lourd. Je fais l’erreur de lui expliquer que son hôtel nous avait été recommandé par des voyageurs (ce qui était vrai) mais que compte tenu de son insistance, il était hors de question d'y loger. A ce moment là, il explose littéralement et on sent qu'il ne se contrôle plus lorsqu'il menace de me tuer ou de me péter une jambe si jamais je croise sa route le lendemain en moto. Bruno essaie tant bien que mal de calmer le jeu. Welcome in Ninh Binh ! Il est clair que nous ne nous attarderons pas ici, mais hésitons à poursuivre de suite notre route vers le sud car nous avons échos d’inondations dans le centre. Apres un petit tour sur Internet (C'est quand même bien pratique), il ne semble pas y avoir d'alerte météo pour les prochains jours et les derniers articles sur les inondations (qui, on l'apprend à ce moment la, ont déjà fait plusieurs dizaines de morts) datent de plusieurs jours. Nous tenterons donc notre chance. Le lendemain, nous louons des vélos et visitons la campagne environnante, notamment Tam Coc, souvent surnommée “la baie d’Ha Long terrestre” avec ses formations karstiques au milieu des rizières. Un conseil lors de la location d’un vélo : outre la vérification des freins et du pédalier, ne pas oublier de tester le confort de la selle, parce qu’une journée, même en alternant les vélos, ce peut être très long surtout sur des chemins cahoteux ! Nous passons à la gare acheter des billets pour le train de nuit mais il ne reste plus que des assises molles On nous annonce aussi que la ligne est coupée 30 km avant Hué et qu’il nous faudra finir le trajet en bus. Je suis le plus réticent (pas de commentaires, je sais, je suis le plus vieux !), mais comme il est hors de question de rester une journée de plus ici, nous prenons tout de même les billets nous préparant a une nuit difficile. Mais lorsque nous arrivons pour prendre le train, la femme du guichet nous appelle, récupère nos 2 billets, écrit au dos de nouveaux numéros de wagons en nous annonçant “sleeper”et nous dit de filer avec un grand sourire. Nous ne sommes pas certains d’avoir bien compris, mais nous retrouvons bien avec 2 couchettes ! Tout au long du séjour, le Vietnam n’aura ainsi de cesse de souffler le chaud et le froid. Si ce n’était l’attitude usante et exaspérante d’une minorité, le Vietnam serait probablement très agréable. Comme on peut le lire dans un guide de voyage, «une tendance générale que nous constatons au Vietnam, comparativement à ses pays voisins comme le Cambodge et le Laos, est un manque de confiance de la part des étrangers vis à vis des locaux. Essayez de distinguer le bon du mauvais et ne vous fermez pas a toute personne que vous rencontrez». Et bien, je peux vous assurer que ce n’est pas facile ! Ce jour la, nous sommes particulièrement chanceux, car le train effectuera finalement le trajet jusqu’a Hué. Nous constatons sur les dernières heures de trajet que de nombreuses routes et habitations sont encore sous les eaux. Lorsque nous arrivons a Hué, il fait beau, la décrue a commencé et le nettoyage des rues est en cours (a grand renfort de jets d’eau pour diluer la boue). Nous nous contenterons de visiter la ville, dont le principal intérêt est la cité impériale. Nous serons moins chanceux lors du trajet en train Hué – Danang car cette fois, la ligne est belle et bien coupée au passage du col de Hai Van (Mer de Nuages) et il nous faut prendre un bus pour emprunter le nouveau tunnel (Ouvert depuis 2005, il est long de 6,3 km) avant de reprendre un train de l'autre cote. Je passerai sur la longue discussion pour négocier le tarif du bus Danang – Hoi An : c’est finalement grâce à une passagère, qui finira par engueuler le gars du bus, que nous pourrons monter à bord. Ce jour-là, on s’est vraiment dit que, pour les nerfs, il était préférable de prendre les bus pour touristes (type Sinh Café) qui desservent les principales destinations touristiques, même si le contact avec les passagers dans les bus locaux reste toujours un plaisir. Hoi An, malgré la pluie qui ne cessera quasiment pas pendant les 2 jours ou nous y séjournerons, nous plait beaucoup : des petites rues, de vieux bâtiments en bois éclairés la nuit par des lanternes rouges, oranges ou jaunes, c’est une petite ville qui a beaucoup de charme. Au vu de la météo (Merci Internet) qui ne prévoit aucune amélioration dans les 5 prochains jours, nous décidons de partir directement dans le delta du Mékong sans passer par Nha Trang (nous essaierons de faire notre pause plage sur l’île de Phu Quoc) et les hauts plateaux. Pour rejoindre Saigon, nous avons le choix entre 24 h de bus (les bus-couchettes étant complets, il ne nous reste plus que des places assises) et 1h15 d’avion pour 40 euros. Eh bien, on doit commencer à vieillir parce qu’on n’a pas hésité très longtemps ! |